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Quand j’ai choisi un lecteur audio portable, je ne cherchais pas un appareil connecté. Je cherchais un appareil qui fait bien une seule chose : lire mes fichiers, chez moi, sans compte, sans application, sans serveur distant. Quelque chose que je puisse transporter sur moi, connecter à mon casque filaire ou sans fil, à la voiture, à la chaîne Hi-Fi.
Vous allez me dire : « bah, on a tous un smartphone dans la poche qui fait le taff. »
C’est vrai — jusqu’à ce qu’on regarde ce que ça implique vraiment.
Le piège du streaming
Le smartphone ne joue pas votre musique : il joue ce qu’un service a bien voulu vous en prêter. Concrètement, cela veut dire :
- il faut Internet, tout le temps, sinon plus rien ne se passe ;
- il faut un abonnement — de l’ordre de 10 à 12 € par mois, chaque mois, pour un service que vous n’utilisez peut-être que dans le métro ;
- la qualité est plafonnée par le service : le FLAC, ce format sans perte qui est la raison d’être d’un lecteur hi-fi, n’est pas disponible partout, et se négocie à l’oreille comme à l’argument ;
- il y a de la publicité, et pas seulement : il y a aussi un catalogue qui n’est pas le vôtre, des recommandations, un compteur d’écoutes ;
- et le catalogue n’est pas à vous. Il vous est prêté, sous une licence, dans des conditions qui peuvent changer.
Le FLAC mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est tout l’intérêt de l’appareil. Un fichier FLAC est sans perte (lossless) : il restitue exactement le signal d’origine, sans dégradation, sans compression destructive. C’est la différence entre entendre un morceau et entendre l’enregistrement.
Le SnowSky Disc, lui, lit des fichiers que vous possédez déjà, sur une carte que vous avez remplie vous-même.
Vos fichiers, chez vous, durablement
Un lecteur à microSD ne vous demande pas de compte. Il ne vous demande pas d’abonnement. Il ne vous demande rien.
- Pas de compte
- Pas d’abonnement
- Pas de publicité
- Pas de serveur distant
- Pas de pistage
Ce que vous mettez sur la carte reste sur la carte. Quand le service disparaît — et les services disparaissent, c’est la seule chose dont on est sûr — l’appareil, lui, fonctionne toujours. C’est un achat, pas une location.
Plusieurs téraoctets dans une poche
Une carte microSD de 2 To, ça paraît beaucoup, et ça l’est : on parle d’une collection entière, pas d’une sélection.
La bonne nouvelle, c’est que le FLAC compresse sans perdre : typiquement 40 à 50 % de la taille d’un WAV équivalent. Un album devient compact, et une discographie entière tient sur une carte de la taille d’un ongle. Raisonner en téraoctets prend tout son sens.
Et comme le lecteur accepte FLAC, MP3, WAV, WV, CUE, AAC/M4A, AIFF, APE, OGG, WMA, DSF et DFF, vous n’êtes jamais obligé de convertir quoi que ce soit, ni de choisir un format par défaut. Vous copiez ce que vous avez.
Un appareil qui va partout — et qui fait DAC
Le format ne sert à rien si on ne l’écoute pas au bon endroit. C’est là que le SnowSky Disc devient intéressant :
- 77,2 g et 68 mm de côté : il se glisse dans une poche de veste.
- 12 heures d’autonomie : une journée entière, avion compris.
- Sortie casque 3,5 mm et 4,4 mm symétrique : votre casque à câble, ou un casque symétrique si vous en avez un.
- Bluetooth 5.4 avec LDAC : pour un casque sans fil, en haute définition.
Et surtout, la fonction que je n’attendais pas :
il fait DAC USB. Vous le branchez sur un ordinateur, et il devient une chaîne de conversion numérique-analogique. Le signal entre en numérique par USB et ressort en analogique par la prise casque, jusqu’à PCM 384 kHz / 32 bits — et jusqu’à 192 kHz / 24 bits en sortie coaxiale SPDIF. C’est d’ailleurs le même port USB que celui qui sert à transférer les fichiers.
Autrement dit, c’est un boîtier de conversion pour le PC, et pas seulement un lecteur de poche. Vous remplacez le DAC interne de votre ordinateur par un vrai double DAC Cirrus Logic CS43131. Sur un portable dont le DAC grésille un peu, c’est un gain audible immédiat.
C’est la réponse à ceux qui me diraient qu’un smartphone fait déjà le travail.
Le SnowSky Disc coche donc toutes les cases : du FLAC, pas de publicité, transportable partout, un DAC audio de qualité en plus du lecteur, et plusieurs téraoctets sur une carte de la taille d’un ongle.
Le plugin FiiO Control pour Jeedom comble exactement le manque qui reste.
L’appareil : un Discman qui a la définition de l’ère numérique
Le SnowSky Disc assume un parti pris visuel : boîtier carré en aluminium de 68 × 68 × 12,9 mm, 77,2 g, écran circulaire de 1,8 pouce (360 × 360 px) qui occupe presque toute la face avant, et un disque qui tourne à l’écran pendant la lecture. C’est une référence directe au Discman et au MiniDisc, et c’est volontaire.
Sous le capot :
- Double DAC Cirrus Logic CS43131
- Sorties 3,5 mm asymétrique et 4,4 mm symétrique
- USB DAC jusqu’à PCM 384 kHz / 32 bits
- Sortie coaxiale SPDIF jusqu’à PCM 192 kHz / 24 bits
- Bluetooth 5.4 avec LDAC, Wi-Fi, AirPlay
- Carte microSD jusqu’à 2 To — et pas de stockage interne
- Batterie 1450 mAh, environ 12 heures d’autonomie
- Processeur Ingenic X2000 à deux cœurs sous Linux
- Prix public autour de 99 €
Quelques détails méritent qu’on s’y arrête.
Pas de stockage interne. C’est une contrainte, pas un défaut : il n’y a pas de « cloud » à l’échelle de l’appareil, pas d’espace de synchronisation, rien qui vous appartient déjà ailleurs que sur la carte que vous insérez. Ce qui est sur la carte est sur la carte.
Pas d’applications à installer. Le bootloader est un OS audio minimaliste : sur l’appareil, vous n’installez rien. FiiO propose bien une application mobile pour le piloter en Wi-Fi, mais elle reste facultative — tout ce qu’elle fait, l’appareil sait déjà le faire tout seul avec ses boutons et son écran. C’est ce qui fait de lui un partenaire naturel pour une installation domotique locale.
Mais l’appareil ne se pilote pas seul.
Où ça coince vraiment
J’ai le SnowSky Disc depuis quelques mois maintenant, et c’est un appareil que j’utilise tous les jours. Je ne le branche jamais à un ordinateur. Je ne sors jamais la carte. Je le glisse dans la poche de ma veste, je marche, j’écoute, c’est tout.
Son écran fait le reste très bien : j’y vois la pochette, le titre, l’artiste, l’album, la durée. Je navigue dans la bibliothèque et dans mes listes de lecture au doigt, sans aucune application. L’appareil est complet, tout seul. Si vous me demandiez s’il a besoin d’un ordinateur, la réponse serait non.
Il y a une seule chose qui ne marche pas toute seule : ajouter un album.
Et là, on retombe sur les trois mêmes solutions de toujours. Le câble USB, avec le PC allumé, à transférer dossier par dossier. La carte microSD sortie du lecteur, glissée dans le PC, copiée, remise en place. Ou le Wi-Fi, avec l’application FiiO Control du fabricant.
Les deux premières, je les ai faites. Ça marche, c’est surtout la méthode depuis toujours, et il n’y a rien de techniquement faux dedans. Mais il faut être devant l’ordinateur, il faut le câble dans la main, et il faut ne pas oublier.
Le Wi-Fi, lui, résout le problème. C’est simplement la bonne réponse — et encore faut-il pouvoir s’en servir quand on n’est pas en train d’y penser.
C’est exactement ce que j’ai fait avec ce plugin : câbler ce que je faisais déjà à la main, mais sans le câble, sans la carte, et sans avoir à y penser.
FiiO Control : le lien manquant
Le plugin fait la même chose que l’application mobile du fabricant — le piloter, lui copier de la musique, le régler — mais depuis votre installation domotique. Vous n’avez plus besoin du téléphone pour gérer le lecteur : c’est votre Jeedom qui s’en charge, tout seul, chez vous.
Il parle au lecteur en direct sur le réseau local. Aucun service tiers, aucun relais, aucun compte.
Prérequis : le Wi-Fi du lecteur doit être activé, et votre box doit laisser passer les communications entre les appareils du réseau local. C’est cette connexion sans fil qui remplace le câble USB et la carte SD.
Un dialogue, pas un aller-retour
Le cœur du plugin est une connexion FiiO Link persistante en TCP sur le port 12100, maintenue ouverte en permanence. C’est un point important : le firmware n’accepte qu’un seul client FiiO Link à la fois. Le plugin garde cette connexion unique, et reçoit donc les changements à l’instant où ils se produisent. Changer de morceau sur l’appareil, c’est voir le widget Jeedom se mettre à jour immédiatement, sans polling ni temporisation.
Pour la fréquence côté matériel, le plugin envoie une sonde toutes les 5 secondes et déclare l’appareil hors ligne après 12 secondes de silence.
Ce que vous pouvez piloter
Depuis le widget ou une commande Jeedom :
- Lecture, pause, piste précédente et suivante
- Volume, position dans le morceau, mode de lecture
- Source active, codec Bluetooth en cours, gain, filtre DAC, DRE, SPDIF
- Égaliseur
- Favoris
Le widget affiche le morceau courant, la pochette, la progression, la batterie, les commandes de transport et des tuiles d’action. Il suit les thèmes clair et sombre de Jeedom.
L’exploration de la carte et la bibliothèque
C’est la partie que j’utilise le plus, et elle va plus loin que « piloter un lecteur ».
Le plugin ouvre un gestionnaire de fichiers qui donne accès à la carte SD et au catalogue du lecteur via HTTP (12103). Vous pouvez y :
- parcourir les dossiers, créer des dossiers, envoyer un fichier audio depuis votre ordinateur ;
- consulter et modifier les favoris et le morceau courant ;
- gérer vos listes de lecture : en créer, en renommer, en supprimer, en ajouter des morceaux, des albums ou des genres, ou en générer une automatiquement à partir d’un nombre de morceaux que vous choisissez (de 1 à 500) ;
- lancer l’indexation de la bibliothèque et l’annuler si vous changez d’avis.
La synchronisation SMB : le cœur du plugin
C’est la partie qui change réellement le quotidien, et elle mérite qu’on s’y arrête.
1. Un partage Samba sur le Jeedom
Tout commence par là : il vous faut un partage de fichiers accessible depuis votre Jeedom. Un NAS, un serveur de fichiers, un PC, un disque réseau — peu importe, tant que Jeedom peut y accéder en SMB / CIFS.
Ce partage est votre bibliothèque de référence. C’est lui que le plugin va lire pour savoir quoi envoyer au SnowSky. Vous le déclarez une fois dans la page Configuration du plugin (hôte, nom du partage, chemin, identifiants), et l’explorateur affiche son arborescence à gauche.
L’idée est simple : votre musique vit chez vous, sur votre stockage, et le lecteur vient se servir — plus l’inverse.
2. Comparer, dossier par dossier
Une fois le partage configuré, l’affiche côté par côte : votre partage Samba à gauche, le contenu réel du SnowSky à droite.
Et il compare, automatiquement, deux choses que vous n’auriez jamais le temps de comparer à la main :
- le nombre de fichiers par répertoire ;
- la taille de chaque répertoire, et de chaque fichier.
Le résultat est un inventaire ligne par ligne qui distingue clairement ce qui est absent du lecteur, ce qui est présent, ce qui est différent, ce qui est en conflit, et ce qui n’existe que sur le SnowSky. Vous n’avez plus à deviner ce qui manque : c’est écrit.
Le plugin ne supprime jamais ce qui n’existe que sur le lecteur. Votre collection ne peut pas être amputée par une synchronisation.
3. Sélectionner, puis copier
Vous cochez les répertoires qui vous intéressent, et vous lancez la copie. Deux façons de procéder :
- Copier maintenant — transfère une seule entrée, sans toucher à votre sélection.
- Synchroniser maintenant — lance le transfert de tout ce qui est coché, en arrière-plan.
L’arborescence Samba est reproduite telle quelle dans le lecteur : votre /Artiste/Album devient /tmp/sdcard/Artiste/Album. Les morceaux déjà identiques sont conservés ; ceux qui ont changé sont mis à jour. La barre de progression affiche les octets confirmés, le débit et le temps restant.
4. Une synchronisation qui se coupe… et qui repart
C’est le point où la plupart des solutions craquent. Si le SnowSky devient injoignable — il s’est mis en veille, le Wi-Fi a lâché, vous l’avez éteint — le transfert ne repart pas de zéro.
Une erreur réseau donne lieu à jusqu’à trois tentatives. Si elles échouent, la tâche se met en pause proprement :
- les fichiers déjà confirmés sont conservés ;
- seul le fichier interrompu recommence ;
- l’état est stocké sur Jeedom — fermer et rouvrir la modale ne coupe rien.
Et quand le lecteur redevient joignable, la reprise est automatique. Vous n’avez rien à relancer. Vous avez même une option pour déclencher la synchronisation de vos dossiers enregistrés automatiquement au retour en ligne du SnowSky, puis à l’intervalle que vous choisissez.
Concrètement : vous lancez la synchro avant de partir, le lecteur se met en veille en cours de route, et le travail continue tout seul quand il revient. Vous n’avez jamais à sortir la carte microSD, jamais à brancher de câble, et jamais à vous en rappeler.
C’est exactement ce que je voulais quand j’ai écrit ce plugin.
Découvrir l’appareil
Trois méthodes, au choix : découverte passive UDP quand le lecteur annonce sa présence, ajout manuel d’une adresse, ou balayage d’une plage réseau au format CIDR — par exemple 192.168.1.0/24 — pour trouver d’un coup tous les lecteurs d’un réseau.
Un plugin qui va dans le même sens
L’appareil est sans cloud. Le plugin l’est aussi — et ce n’est pas un détail d’implémentation.
Aucun relais. Pas de service tiers, pas de passerelle, pas de compte à créer. Votre Jeedom est le seul intermédiaire, et il reste chez vous. Les commandes passent directement sur votre réseau local : TCP 12100 pour le pilotage, HTTP 12103 pour le catalogue.
Aucun partage de données. Ce que vous écoutez, quand vous l’écoutez, ne part nulle part. Il n’y a personne en face pour le recevoir.
Le résultat est un objet numérique qui se comporte comme un objet physique : il fait ce qu’on lui demande, dans votre maison, et personne d’autre n’est dans la boucle.
En résumé
Le FiiO SnowSky Disc est un petit lecteur audio qui fait une seule chose, bien : lire vos fichiers, en FLAC, sans compte, sans abonnement, sans publicité. Il tient dans une poche, il vous suit partout, il fait aussi DAC pour votre ordinateur, et sa carte microSD accueille plusieurs téraoctets de musique.
L’appareil se suffit à lui-même. Le plugin ne vient pas corriger une faiblesse : il retire la seule friction qui restait — transférer la musique sans sortir la carte et sans brancher un câble. Wi-Fi activé, votre Jeedom prend le relais : il compare votre partage et la carte du lecteur, et il copie ce qui manque.
Le tout en local, sans cloud, sans compte et sans dépendance. Un achat, pas un abonnement.
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